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     ainsi parle notre enfance
(mis à jour le 14 novembre 2009,
diffusé gratuitement, tous droits réservés)
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¤ prologue
    Où naît enfant, parole naît aussi : en chacun se prolonge une parole naissante. Sais-tu, ô ami, sais-tu encore ta parole naissante ?

¤ les oiseaux et les idées

    Autrefois vivaient en communauté les femmes et les hommes, les oiseaux et les idées. Et malheur ! Un jour les poètes sont arrivés.

¤ les feuilles d'or
    Sur le mur du château, je vois seulement les fenêtres, où passe le jour. Tu sais, par-dessus les beaux vêtements brodés, je vois seulement les yeux qui brillent !
    Holà ! Dans le château irais-je habiter, à l'ombre de fenêtres murées ? Voilà riche tombeau, en vérité !
    Hélas ! Au temple les égarés courrent encore se réfugier : pour les vices c'est belle ceinture de chasteté !

¤ l'ange de dieu
    Il est de grandes choses à créer, et la prière est meurtre de pensée ! Prier porte malheur - la prière est péché ! Bénies soient les âmes qui aiment trop dieu pour prier !

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  [roman poétique, ébauches]
excusez-moi ... (m.à.j. juillet 2008)

A chaque métier son bon avantage !

Le policier peut jouer avec son pistolet. Et comme dit le proverbe, l'avocat joue avec sa secrétaire.

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[littérature]
le crépuscule des rimes

Les rimes sont à la poésie ce que la dialectique est à la philosophie !
Avec les rimes, on choisit les mots arbitrairement, sans chercher le sens : avec les rimes, les idées sont impossibles. Parler de "la passion" ou bien de "l'amour", selon la rime; écrire en vers, compter les syllabes des mots, cela rend très improbable l'émergence d'une grande pensée.
Avec les rimes, la poésie cesse d'être une façon de mieux penser et mieux vivre : la poésie devient un art, une discipline, une vulgaire affaire de spécialiste !

 

 


    Guillaume Riether

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ainsi parle notre enfance


à vous tous,

présents et à venir,

merci et salut !


Prologue

1
  Voici le monde, voici la vie.
  Me voilà bras ouverts, les yeux scintillants d'images, des cailloux multicolores plein les mains.
  Je me présente au monde, pour le monde source de rire, je suis bercé par deux sourires. Ô mon premier jour, ô mon premier rire, proche écho de deux rires !
  Ô mon premier jour, tu as nostalgie de jours passés, neuf mois de rires t'ont annoncé ! Demain saurais-je encore quelle merveille est le jour ?

2
  Le monde est plaisir, je l'ai senti bien vite, déjà choses et couleurs me font rire et m'inspirent. Ce monde où je viens de naître est un vrai plaisir !
  Quand on demande "d'où viennent les enfants", tout le monde rit... il semble bon de songer à l'origine du monde ! Timidement, en rougissant on me dit : "pour que vienne l'enfant, il faut amour et plaisir". La vie vient ainsi, avec amour et plaisir.
  Alors celui qui parle de la vie, portez-lui créance s'il sourit !

    3
  Voici le jour, voici les images, et les mots.
  Où naît enfant, parole naît aussi : en chacun se prolonge une parole naissante. Sais-tu, ô ami, sais-tu encore ta parole naissante ?
  Une langue vient au monde, avec ses sens et ses mots. Regarde, une langue nouvelle, en plus de la bouche et des lèvres.
  Ô monde nouveau des mots, de ta découverte aurons-nous souvenir, saurons-nous demain encore tous ces mondes en devenir ? Oh ! des idées il fait si bon se souvenir !
    Le soleil se lève, tant nous avons à nous dire ! Toutes choses se veulenet parlées, veulent pousser les cris du nouveau-né ! Qui viendrait au monde sans parole ?

    4

  Quand enfant vient au monde, sur la vie est posée une pierre nouvelle. Mettre enfant au monde, c'est poser haut une pierre et s'y accrocher, c'est poser pierre par-dessus nos têtes pour un jour y marcher ! Pour surmonter femmes & hommes et toutes choses au monde, pour cela viennent au monde les enfants.
  La nouvelle pierre, posons-la doucement, prenons garde qu'elle ne soit la dernière. Déjà une pierre fut mal posée, et fit s'écrouler l'édifice.
  Faisons doucement, sous nos pieds la première pierre peut se cacher ! Et quand parterre nous faisons chemin, qui pense à toucher le sol des mains ?


¤ la malice solaire
  soleil, ô raie de lumière, tu nous tiens chaud, sans dire mot. Quand serons-nous lumineux assez pour te parler ?
  soleil, ce matin étais-ce toi ou étais-ce l'aurore qui m'éveillais, posant la main sur mon épaule ? Quand tu me suspris, entre sommeil et rêves, souviens-toi, ô soleil, j'ai parlé le premier !
  Ô soleil merveille, ô image prodigue, reçois nos idées et nos meilleurs mots. Sans dire mot tu reçois nos plus beaux compliemnts, nous attendons réponse depuis longtemps. Nous ressentons de lumière assez pour te parler !
  bien ta malice, ô soleil, toujours te prodiguer, sans dire mot, sans dire faux compliments ! De tous les plus lumineux la malice n'est-elle de seulement ne pas rendre les compliments ?

¤ le fruit mûr
  De toi soleil nous attendons lumière, et ombres et images, nous attendons les mots.
  Quand aux arbres tu donnes fleur, nous en reçevons les fruits. Ô soleil ! tes richesses en si bon ordre se prodiguent !
  Ô fruit rouge a la tendre peau, que te dit le soleil pour mouiller ta peau ? Ô fruit rouge, tu me viens si vite, je le sais, tu veux mûrir encore ! coquine, me laisse donc, tu est si bonne !
  Tu est si belle, ô cerise rouge, et tu mûris encore. Es-tu fruit défendu ? ô mon fruit rouge, tu veux attendre et mûrir encore !

¤ un chemin d'amour
  Nous faisons de bonnes petites choses, nous allons doucement par de petits sentiers, et de grandes choses nous viennent. Il est du géant jusque dans les petites choses, et quel géant va s'empresser ?
  Par les petis chemins c'est grande chance de trouver une source claire, pour cela il faut marcher. Assurément la bonne forture se fait désirer, il la faut mériter.

  Sait-on jamais chemin faisant qui nous allons rencontrer ? Pour encourager les égarés, des trésors sont dissimulés. Le chemin m'apprit qu'à se perdre il est de belles choses à trouver, jusqu'à soi-même s'y retrouver.
  Mon amour, j'étais perdu quand nous sommes rencontrés : un chemin d'amour nous a rassemblés. Et ensembles nous avons chemin dur encore, et qu'importent les embûches, qu'importe la pente ! Comment l'amour mènerait calme et plat chemin ?

  Quand tu me dis "je t'aimes", c'est un nouveau mariage, c'est en chaque jour nouvelle union. Mon amour, ô combien nous sommes mariés ! Mes lèvres tremblent, tu veux approcher, mon amour ! sommes-nous proches assez ?
  Ici nous sommes un jour mariés, dans cette forêt nous sommes un jour embrassés. Notre parole d'amour devant le monde l'avons chuchotée, seules collines et vallées ont pu écouter.
  "Je serais là dans les joies comme dans les peines, nous trouverons abris si un torrent nous prend", voilà bien notre serment ! Quand tu me dis "je t'aimes", qui d'autre l'entend, quel dieu viendrait célébrer notre union ?
  Mon amour, je t'aimes, et la vie et le monde. Et si notre mariage est un jardin, c'est celui du monde.

¤ le calvaire des amants trompés
    Sur mon chemin je promenais, près de la rivière et des oiseaux, où le monde chante ses amour, et me rassure et m'inspire.
    Ici on aime s'asseoir, mais une dame toujours reste à l'écart. Je lui demandais : pourquoi auprès des hommes ne vas-tu t'asseoir ? Elle me répondit ceci :
    - Tu est bien jeune, quant aux hommes tu ne sais rien encore. Bien mal et bien longtemps auprès des hommes j'ai demeuré. Laisse-moi te raconter comme l'amour m'a trompée...
    Les hommes, comment les approcher ? Ils ont mauvaises manières, jusque dans leur intimité. Comment auprès d'eux s'asseoir et se coucher ? Oh, laisse-moi te raconter ...
    Pour commencer, on se montre en société : il faut danser, dîner, avec bonne chère et bon vin être attablés. Il faut se montrer, pour flatter l'homme que vous accompagnez.
    Alors on vous déshabille du regard, dans votre assiette on veut manger. Car à table déjà, les hommes se servent dans tous les plats, partout ils portent mains et couverts.
    Quand leur vient un parfum, ils courrent déjà ailleurs tremper le nez ! Aller de table en table se servir, c'est manière d'homme qui chez les femmes cherche son plaisir.
    Femme en leur couche, on lui demande : ogresse, que me veux-tu, comment satisfaire tes appétits ? Mais femme en leur main, on le lui parle déjà plus, pour ne plus écouter que son maigre plaisir.
    Devant les hommes me suis couchée, pour leur orgueil et leur bon plaisir. Devant les hommes me suis allongée, et auprès d'eux ne peux plus m'asseoir ni parler.

¤ les oiseaux et les idées
    Voici le jour, un oiseau se lève pour s'envoler.
    Marchant et pesant encore, il regarde allentours, songeant où aller
    Bel oiseau, belle idée, le soleil te réchauffes, tu vas t'envoler. C'est le jour, le nouvel éveil, pour toutes sortes de plumes et d'ailes.
    Tu parcours les vallées, bel oiseau, tu nous fais rêver. Et quelques fois tu dois bien marcher, dessus les arbres te poser.
   Comme font les oiseaux, dans la forêt allons nous reposer, du bruissement des arbres soyons coutumiers. Ici les idées se veulent charmer, comme les oiseaux viennent se fondre dans les beaux arbres diaprés ! Elles viennent nous parler, comme l'oiseau vient chanter.
    Quand vient une idée, cherche des yeux le passereau qui près de toi s'est posé ! Cherche-le sans trop t'agiter, il pourrait s'envoler.

    Dans la forêt j'aime à promener, il faut bon par ici se reposer. On y trouve bien des choses et des idées, et un jour j'y ramassais une clef.
    - Holà ! disais-je, dans la forêt, qui porte une clef ? Ici nul besoin de clé, dans la forêt il n'est de chasse gardée ! Et à ces mots un oiseau s'est approché.
    Enfin te voilà, belle oiseau, belle idée. Veux-tu nous conter tes voyages parmis mers et vallées ? Apporte paysages à notre journée ! et fais-nous bonne et douce soirée.
    Et dis-moi, bel oiseau, belle idée, pourquoi ces prudences pour nous approcher ? Comm les chattes faut-il mériter de te caresser ?
    - Oh, tu as bien deviné, je cèle mes beautés, facilement ne me laisse approcher. Si en ma prudence il est de la crainte, c'est qu'un jour les poètes j'ai rencontré.
    Autrefois vivaient en communauté les femmes et les hommes, les oiseaux et les idées. Et malheur ! Un jour les poètes sont arrivés.
    Ah, ces poètes, ils ne veulent les choses mûres et bien éveillées. Il ne peuvent attendre le dîner, avec les amis s'asseoir et manger, après une bonne journée.
    Quand vient le jour, le nouvel éveil des oiseaux et des idées, les poètes me veulent attraper ! quelles bêtes enragées !
    Bien avant l'heure s'envole oiseau l'effarouché, comme le font les idées. Nous allons toujours bien accompagnés, prenez garde de nous effrayer.
    Le prudence, poètes m'y ont forcé, veuillez pardonner ma crainte d'être approchée. Il suffit de patienterla journée, tenant chaud à quelques idées pour bien s'en occuper.
    Pour commencer toutes choses se veulent ménager, il faut mériter la folle danse qu'elle vont accompagner.
    Au matin le mieux à faire est jouer et chanter...Bel oiseau, belle idée, nous sommes proches parents, tu l'as deviné !

¤ les feuilles d'or
    Sur mon chemin je promenais, et un jour rencontrais un mur. Où sont les murs s'arrêtent les regards, et plus lumière ne passe; où sont les murs, plus rien ne vit !
    Sur le mur du château, je vois seulement les fenêtres, où passe le jour. Tu sais, par-dessus les beaux vêtements brodés, je vois seulement les yeux qui brillent !
    Holà ! Dans le château irais-je habiter, à l'ombre de fenêtres murées ? Voilà riche tombeau, en vérité !
    Hélas ! Au temple les égarés courrent encore se réfugier : pour les vices c'est belle ceinture de chasteté !
    Sous de hauts murs être caché, et toujours bien s'habiller, voilà bien cher payé. Crois-tu que tes beaux vêtements parleront à ta place, malheureux ! veux-tu que tes poches te remplacent ?
    "A la grande noblesse les mains sont assez", me dit un enfant, tenant une flûte et un livre. Ouvrant se besace il trouvait une montagne d'or, et ne voulut même y toucher !
    Ce matin, depuis la petite chambre, nous regardions au dehors : plus chère nous fut la vie que l'or ! Ô les amis qui partagez la chambre, vous laissez toutes lumières passer.
    C'est folie de vivre en un monde muré ! Quel cachot serait notre lot ?

¤ l'ange de dieu
    Après ces voyages et ces rencontres, nous cherchons toujours l'origine du monde. Ô monde, ô fleuve sacré, nous laissera-tu remontre à tes sources ?
    Un ange un jour descendit du ciel, et nous demanda ceci : "Le savez-vous, ô mes amis, savez-vous si dieu existe ?" Jusqu'au ciel on se le demande : cela montre que le doute est vertue divine.
    Si un dieu créa le monde, faisant danser lumières et eaux, chacun de nos rires porte aussi au monde belle part de création. Si un dieu posa ciel par-dessus mer, et sur les montagnes répandit arbres et oiseaux, nous saluant il prit conger, quand terres et eaux surent bien danser !
    Pour un dieu, sept jours sont bien assez, il pouvait bien aller vaquer. Dieu veut créer mieux encore que terre et eau ! Quel dieu resterait en son monde, à le regarder, en son monde quel dieu se peut garder ?
    "La Terre, quel beau jardin !" disait un dieu de passage, ce matin. Et si haut que l'arbre ait poussé, bien au-dessus mon nid sera posé ! Encore et toujours se surmonter, c'est vertue divine.
    Et quand on se demande si dieu existe, dieu se demande aussi si la Terre existe ! Très haut dans le ciel, ayant tous loisirs de dieux et de monde, le bon dieu parfois se rappelel de nous.
    Qui sait si dieu existe, dans sa grandeur quel dieu même se reconnaît démiurge ? Car la modestie aussi est vertue divine.
    Songer à dieu et au paradis nous détourne de la vie, et qui mieux que le diable s'entend à gâter la vie ? En vérité, le discours sur dieu est d'inspiration diabolique !
    Il est de grandes choses à créer, et la prière est meurtre de pensée ! Prier porte malheur - la prière est péché ! Bénies soient les âmes qui aiment trop dieu pour prier !
   

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Bibliothèque
¤ nietzsche (aux éditions Folio Essais, pour les traductions et l'appareil critique))
¤ hélène bessette (introuvables et réédités au compte-gouttes -_- )
¤ lucien jerphagnon

¤Les Cyniques grecs (Léonce Paquet)
¤Le deuxième Sexe (S. de beauvoir)
¤Les époux vierges (Suzanne bernard)
¤Du trop de réalité (Annie le brun)
¤Une parisienne à Lhassa (Alexandra david neel)
¤Chair à papier (Suzanne Bernard)
¤Mes évasions (Henri Giraud)





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